D’une école à l’autre

Sur la coopération entre les écoles népalaises et belges.

Cinq petits visages se pressent contre les fenêtres d’une salle de classe à Bakhfar, dans le Inner Terai, une région au sud de Katmandou, où les plaines changent en collines.
On les invite: “Aaunus, entrez”. Initialement, ils sont timides, mais les enseignants qui participent à la formation peuvent les persuader. “They have had no exposure,” nous dit Binod Gurung, du Centre for Educational Policies and Practices, en bref CEPP: ces enfants n’ ont jamais rencontré quelqu'un en dehors de leur propre environnement.

CEPP a réussi à réunir douze enseignants de la région. Nous travaillons ensemble dans une salle de classe avec un seul tableau noir et trois affiches éducatives. CEPP et les enseignants ont construit une plate-forme en bois avec des matériaux recyclés. Elle est couverte de tapis-plein. Ainsi, les enfants ne seront plus obligés de suivre la leçon assis sur un sol froid et poussiéreux. Il n’y a point de matériels didactiques, seulement des enseignants ayant peu d'instruction pédagogique, mais avec beaucoup de dévouement et de l'enthousiasme. Comme une tempête se lève, comme la salle de classe est enveloppée dans un nuage de poussière, même si nous devons fermer les volets et que la classe est complètement sombre, ils continuent à concevoir des jeux éducatifs, à les tester avec les enfants, à raconter, à discuter.

Pour CEPP (http://schoolingnepal.org/) ces gens sont la clé d'une meilleure éducation, les motiver est essentiel. L'absentéisme et la démotivation constituent un problème majeur dans les écoles publiques dans les zones rurales.
Le gouvernement ne contrôle point dans ces régions et les enseignants viennent souvent de la ville, ne parlent pas la langue maternelle des enfants, appartiennent à une culture différente. Ils sont obligés de rester à l'école parce que la ville est trop loin, ils ne rentrent pas souvent dans leurs propres familles et sont parfois insuffisamment impliqués dans la communauté dans laquelle ils enseignent.
Pour ces raisons, CEPP investit dans trois domaines:
☼ sensibiliser les parents sur l'importance de l'éducation, les inciter à envoyer leurs enfants à l'école, leur rappeler de leurs droits et soutenir le fonctionnement des comités de gestion scolaire (un partenariat entre les parents et l'école dans la communauté locale);
☼ motiver et apprécier les enseignants, leur donner une formation autour de l'éducation centrée sur l'enfant;
☼ influencer la politique de l'éducation, au niveau local et national.
L'accent est mis principalement sur la formation, bien que améliorer l'infrastructure des écoles et réparer les dégâts du séisme puissent aiguiser la motivation des enseignants, des élèves et de leurs parents.

Le CEPP est une initiative de Teeka Bhattarai, agent de développement népalais, après un master en Sciences Pédagogiques à l'Université de Louvain en 2008. Jusque-là Teeka était principalement engagé dans le secteur agricole, entre autre, avec l'ancien Econepal, en ce temps soutenu par Bikas. Nous aussi étions au berceau du CEPP, conjointement avec l'Institut de Saint-Vincent de Paul Gijzegem, une école secondaire responsable du soutien moral, éducatif et financier initiel.
Au bout de sept ans, l’école est toujours activement impliquée.
Au début de l’année scolaire et à travers des expositions temporaires, les étudiants sont informés autour du Népal, à travers l’action Saved by the Bell, ils apprennent sur le droit de l’éducation de base. En Novembre 2015, Binod Gurung et Michael Rai du CEPP sont venus discuter avec eux. Chaque Février, il y a un marché de Saint-Valentin (https://youtu.be/axRWZZBwVr4). Les élèves s’informent eux-mêmes, conçoivent du matériel pédagogique pour les écoles primaires népalaises et prennent diverses initiatives de collecte de fonds.

Valentijnsmarkt Instituut Sint-Vincentius a Paulo Gijzegem

Pendant ce temps, le réseau s’est élargi et CEPP a pu compter sur l'engagement et les talents des étudiants et des enseignants de plusieures écoles. Les étudiants de Luca School of Arts Gent, école supérieure d’art, ont conçus des campagnes de sensibilisation sur le slogan du CEPP : ‘Education is a Light’. Les stagiaires Arteveldehogeschool Gent et Luca, et les étudiants Odisee Ecole Supérieure Aalst contribuent à améliorer la qualité de l'éducation à et autour de Raigaun dans Makwanpur District, la région rurale où l'équipe CEPP fonctionne. En octobre 2015, Arteveldehogeschool a invité Binod et Michael, employés CEPP, pour un programme universitaire de 14 jours, avec des participants en provenance d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine: ‘From minus 6 months up to 6 years of age - Fostering child development’.
Ce cours a été complété par une formation au sein de Luca School of Arts et une immersion pratique dans divers formats d'enseignement à l'école primaire et secondaire dans Gijzegem et dans la formation de l'éducation Odisee Aalst.
Nous avons organisés des sessions d’expérience personnelle autour du Népal dans toutes les classes de l’école primaire Saint-Vincent Gijzegem, et les enfants ont spontanément offert de faires des corvées dans leurs familles, afin d’aider leurs camerades de classe au Népal.
Les enseignants de maternelle et primaire ont organisé des leçons démo sur-mesure-de-Népal, avec un accent sur des méthodes créatives et l'apprentissage coopératif.

Personnellement, nous allons chaque année au Népal pour donner des formations de trois jours dans différentes écoles sur l’éducation centrée sur l'enfant, la didactique de l'école primaire et l'anglais. Au mois d’Avril, nous avons enseignés dans les classes que Laure, Kayleigh, Lisa-Marie et Sofie, étudiants de Artevelde, avaient mis en place. Nous avons connu la fierté des enseignants pour ces «classes idéales», quand bien même ils apprécient les efforts et l'engagement des étudiants belges. Nous avons pu sentir combien il est agréable de travailler dans ces locaux.

Mountain View

A Bakhfar nous avons exploré la région avec les enseignants et les contributeurs CEPP Binod, Kesap et Bishnu. Souvent les enseignants népalais nous disent : « Nous n’avons pas d'argent, pas de bonnes écoles, pas de matériel didactique”, mais nous découvrions ensemble comment tòut peut jouer un rôle dans l’enseignement: la nature autour de l’école, la rivière, le terrain de jeu vert, la terre cultivée, le village. Pas besoin d’images ou de livres pour enseigner sur un buffle, il suffit d’observer l’animal avec les enfants, de raconter des histoires, d’apprendre, de dessiner, de jouer… Vous pouvez être créatif avec tout ce qui se trouve autour de l’école: brindilles, pierres, feuilles ... Vous pouvez adresser vos propres talents pour chanter, dessiner, raconter.
Nous avons été impressionnés par l'amitié des enseignants, par leur énergie, leur inspiration.
Ils travaillent souvent dans des conditions difficiles, mais par leur dévouement, ils peuvent faire une différence et aider leurs élèves à construire un avenir.
Après trois jours, au cours de l’évaluation, un enseignant nous a dit: “We thought we had nothing, but we have everything”. Pour nous, cette croyance en leur propre environnement et en leurs talents était la meilleure conclusion.

Un grand merci à Bikas et à toutes les personnes qui ont soutenu et continuent de soutenir CEPP.

Paul Beké et Carine Verleye

Si vous souhaitez soutenir ce projet, votre contribution est la bienvenue sur le compte BE 32 2200 7878 0002 de l’association BIKAS d'association avec les mots « Amis de Paul et Carine ». /strong>

"Un enfant, un enseignant, un livre et un stylo peuvent changer le monde. " - Malala Yousafzai